Professionnels du droit, du chiffre et de la finance : ce qui va changer en 2026
Des mesures spécifiques de la loi de finances pour 2026 sont susceptibles d’intéresser tout spécialement les professionnels du droit, du chiffre ou de la finance. Au menu : aide juridictionnelle, taxe sur les conventions d’assurance, assurance des dommages « émeutes », paiement des rentes viagères, aménagements techniques de l’imposition minimale mondiale des groupes, etc.
Pour les professionnels du droit et du chiffre
Imposition mondiale des groupes
La loi de finances pour 2024 a transposé en droit national la directive (UE) 2022/2523 du Conseil du 14 décembre 2022 visant à assurer un niveau minimum d’imposition mondiale pour les groupes d’entreprises multinationales et les groupes nationaux de grande envergure dans l’Union européenne, en prévoyant une imposition des entreprises multinationales dont le chiffre d’affaires est supérieur à 750 M€ au taux effectif minimal de 15 %.
La loi de finances pour 2026 apporte des précisions sur cette imposition minimale mondiale des grandes entreprises multinationales afin d’intégrer les orientations administratives adoptées par le cadre inclusif de l’OCDE et du G20 le 17 juin 2024, d’adapter certaines définitions aux spécificités de groupes français et de transposer les nouvelles obligations issues de la directive (UE) 2025/872 du 14 avril 2025 dite « DAC 9 ».
Schématiquement, la loi de finances pour 2026 :
- aménage les modalités de régularisation des passifs d’impôts différés pris en compte dans le calcul du taux effectif d’imposition (TEI) ;
- adapte les définitions de l’entité mère ultime (EMU) et des états financiers consolidés aux spécificités du secteur bancaire mutualiste et des groupes d’assurance mutuelle établissant des comptes combinés ;
- complète les règles relatives à l’impôt national complémentaire (INC).
La loi de finances pour 2026 apporte également des précisions complémentaires sur :
- l’affectation des résultats qualifiés et des impôts concernés des entités constitutives transparentes du point de vue fiscal ;
- les modalités d’affectation des impôts différés entre entités constitutives ;
- l’articulation du modèle économique des véhicules de titrisation avec l’application des règles du « modèle de règles globales anti-érosion de la base d’imposition » (GloBE), connu sous le nom de « pilier 2 » (la titrisation se définissant comme un mécanisme de financement qui permet à une entité financière de refinancer des actifs peu liquides, tels que des crédits bancaires, en les transformant en titres financiers négociables) ;
- les obligations déclaratives des coentreprises.
Aide juridictionnelle
La loi de finances pour 2026 instaure, sous réserve d’exceptions, un nouveau droit de timbre de 50 € pour toute requête introduite en matière civile et prud’homale devant un tribunal judiciaire ou un conseil de prud’hommes, dû par la partie qui introduit l’instance.
Frais de justice
Jusqu’à prĂ©sent, par principe, les frais de justice criminelle, correctionnelle et de police Ă©taient Ă la charge de l’État et sans recours contre le condamnĂ© ou la partie civile, sauf exception.
La loi de finances pour 2026 prévoit que, désormais, ces frais de justice sont à la charge de la personne physique ou de la personne morale condamnée, sans recours contre la partie civile.
La loi de finances pour 2026 prévoit également que les frais de justice sont à la charge de l’État si la personne physique condamnée bénéficie de l’aide juridictionnelle ou si elle est mineure.
Il est également prévu que les frais d’interprétariat ne peuvent être mis à la charge de personnes condamnées. Toutefois, lorsque ces frais d’interprétariat ont été engagés pour l’audience sans que la ou les personnes prévenues concernées aient comparu ou informé la juridiction de leur absence à l’audience dans un délai permettant de ne pas exposer ces frais, ceux-ci peuvent être mis à leur charge, solidairement, par la juridiction.
Taxes diverses
La délivrance, le renouvellement et la remise de duplicatas de l’ensemble des titres de séjour (cartes de séjour temporaires, cartes de séjour pluriannuelles et cartes de résident) sont soumis à un tarif uniforme fixé à 200 €. Ce montant est ramené à 50 €, au profit de certaines catégories de personnes.
La loi de finances pour 2026 maintient ces montants (tarif normal de 200 € et tarif minoré de 50 €) pour le renouvellement des cartes de séjour et des cartes de résident, mais les fixe respectivement à 300 € pour le tarif normal et à 100 € pour le tarif minoré pour la 1ère délivrance du titre de séjour.
Par ailleurs, les demandes de naturalisation, les demandes de rĂ©intĂ©gration dans la nationalitĂ© française et les dĂ©clarations d’acquisition de la nationalitĂ© française, jusqu’alors soumises Ă un droit de timbre de 55 €, sont dĂ©sormais soumises Ă un droit de timbre de 255 € acquittĂ© par voie Ă©lectronique.
Pour les professionnels de la finance
Fonds commun de placement dans l’innovation et fonds d’investissement de proximité
La loi de finances pour 2026 apporte des précisions à propos de la réduction d’impôt sur le revenu « Madelin », pour souscription au capital des PME, notamment s’agissant des souscriptions de parts :
- de fonds communs de placement dans l’innovation, en recentrant la réduction d’impôt sur les parts de FCPI investies en titres de jeunes entreprises innovantes ;
- de fonds d’investissement de proximité, en assouplissant notamment les conditions relatives au quota d’investissement ;
- de jeunes entreprises innovantes, en créant une nouvelle catégorie, à savoir les JEI à impact, ouvrant droit à une réduction d’impôt sur le revenu de 40 %.
Plan d’épargne retraite
La loi de finances pour 2026 supprime, pour les versements effectués à compter du 1er janvier 2026, les avantages fiscaux attachés aux versements faits au plan d’épargne retraite (PER) à compter du 70ème anniversaire de son titulaire (corrélativement, la fiscalité applicable aux prestations issues de ces versements est alignée sur celle applicable aux prestations correspondant à des versements n’ayant pas ouvert droit à un avantage fiscal).
Par ailleurs, elle allonge de 2 ans la durĂ©e d’utilisation du plafond inemployĂ© de dĂ©duction des cotisations d’Ă©pargne-retraite du revenu global, qui passe ainsi de 3 ans Ă 5 ans.
Paiement des rentes viagères
Toute entreprise qui paie des pensions ou rentes viagères est tenue de déclarer les sommes versées et de fournir les indications relatives aux titulaires de ces pensions ou rentes.
La dĂ©claration requise doit ĂŞtre souscrite auprès de l’administration fiscale au plus tard le 31 janvier de l’annĂ©e civile suivant celle au cours de laquelle ces sommes ont Ă©tĂ© versĂ©es.
Cette disposition a Ă©tĂ© amĂ©nagĂ©e Ă la suite de l’adoption de la loi de finances pour 2022 qui prĂ©voyait que l’obligation de dĂ©claration ne concernera dĂ©sormais que les seules rentes viagères Ă titre onĂ©reux.
L’obligation dĂ©clarative Ă accomplir devra, par voie de consĂ©quence, ĂŞtre effectuĂ©e au moyen de la dĂ©claration utilisĂ©e pour dĂ©clarer la retenue Ă la source de l’impĂ´t sur le revenu.
La date d’entrée en vigueur de ces nouvelles dispositions était prévue au 1er janvier 2023. Elle a été reportée à une date à fixer par décret, et au plus tard le 1er janvier 2027.
Mais les travaux informatiques ne pouvant aboutir avant cette date, la loi de finances pour 2026 en repousse l’entrée en vigueur au 1er janvier 2030 au plus tard.
Taxe sur les conventions d’assurance
Toute convention d’assurance conclue avec une sociĂ©tĂ© ou une compagnie d’assurances ou avec tout autre assureur français ou Ă©tranger est soumise Ă une taxe annuelle et obligatoire, quels que soient le lieu et la date auxquels elle est ou a Ă©tĂ© conclue.
La taxe est perçue sur le montant des sommes stipulĂ©es au profit de l’assureur et de tous accessoires dont celui-ci bĂ©nĂ©ficie directement ou indirectement du fait de l’assurĂ©.
Certaines conventions sont expressĂ©ment exonĂ©rĂ©es de cette taxe spĂ©ciale sur les conventions d’assurances. Il en est ainsi notamment des assurances de groupe souscrites par un employeur public au profit d’agents de la fonction publique de l’État ou de la fonction publique territoriale au titre d’une protection sociale complĂ©mentaire couvrant le risque de prĂ©voyance.
La loi de finances pour 2026 ajoute que sont dĂ©sormais Ă©galement exonĂ©rĂ©es les assurances de groupe souscrites par un employeur public au profit d’agents de la fonction publique hospitalière au titre d’une protection sociale complĂ©mentaire couvrant le risque de prĂ©voyance.
Cette nouveauté s’applique aux primes, cotisations et accessoires dus à compter du 1er janvier 2026.
Assurance des dommages résultant d’émeutes
La loi de finances pour 2026 prévoit que les contrats d’assurance souscrits par toute personne physique ou morale, autre que l’État, et garantissant les dommages d’incendie ou tous autres dommages à des biens situés en France, ainsi que les dommages aux corps de véhicules terrestres à moteur, ouvrent droit à la garantie de l’assuré contre les effets des émeutes survenues en France sur les biens faisant l’objet de tels contrats.
Parallèlement, il est institué un fonds de mutualisation des risques résultant d’émeutes, auquel les entreprises d’assurance peuvent céder les risques qu’elles couvrent.
Par ailleurs, les entreprises d’assurances et de rĂ©assurances peuvent constituer en franchise d’impĂ´t des provisions destinĂ©es Ă faire face aux charges exceptionnelles affĂ©rentes aux opĂ©rations qui garantissent les risques dus Ă des Ă©lĂ©ments naturels, le risque atomique, les risques de responsabilitĂ© civile dus Ă la pollution, les risques spatiaux, les risques liĂ©s aux attentats ou au terrorisme, les risques liĂ©s au transport aĂ©rien, ainsi que les risques dus aux atteintes aux systèmes d’information et de communication.
La loi de finances pour 2026 ajoute à cette mesure les risques liés aux émeutes.
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